LE SAUVAGE (Jean-Paul Rappeneau, 1975)

19798540Le sauvage. De Jean-Paul Rappeneau. France/Italie. 1975. 1h43. Avec : Catherine Deneuve, Yves Montand et Dana Wynter (premier rôle féminin de L’invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel). Genre : comédie/aventure. Sortie France : 23/11/1975. Maté à la téloche le lundi 17 avril 2017.

De quoi ça cause ? Las de la vanité parisienne, Martin (Yves Montand), créateur de parfums, s’est exilé sur une île d’Amérique latine. Un jour qu’il est de passage à Caracas, sa nuit est troublée par l’irruption de Nelly (Catherine Deneuve), volcanique jeune femme fuyant son fiancée. Elle propose à Martin de lui vendre un Toulouse-Lautrec, emprunté à son patron, en guise de salaire s’il l’aide à rentrer en France. Celui-ci accepte. Soulagé, il regagne son île où il a la surprise de retrouver Nelly. (source : Allociné.fr)

Mon avis Télé Z : À la fois comédie vaudevillesque et film d’aventure exotique, Le sauvage est tout d’abord la rencontre de deux stars au sommet. D’une beauté irradiante, Catherine Deneuve se montre très à l’aise dans un registre léger et prouve qu’elle ne peut être réduite à cette présumée froideur qui lui colle à la peau. Impulsive et imprévisible mais aussi libre et indomptable, la comédienne défend avec une énergie communicative un personnage semant un joyeux bordel sur son passage. Les hommes lui courent après sans jamais la rattraper, et pour cause : elle se déplace tel un tourbillon et achève les mâles rien qu’avec son dos dénudé. Car depuis Belle de jour, nous savons que le dos de Catherine Deneuve est le dos le plus érotique du cinéma. Face à ce pur fantasme sur pellicule, Yves Montand joue les baroudeurs au passé mystérieux, avec dans les yeux un brin de pétillance et une touche de tendresse. Une sacrée prestance, comme d’hab. Entre engueulade homérique et réconciliation soudaine, entre coup fourré et attirance mutuelle, le duo fonctionne à merveille. Il nous offre, lors d’un deuxième acte insulaire, un numéro mémorable qui, en contrepartie, ralentit légèrement le rythme effréné d’une première demi-heure démarrant sur les chapeaux de roues. Rien de bien méchant cependant, Le sauvage ayant plus d’une corde à son arc, comme la rigueur d’un Jean-Paul Rappeneau n’hésitant pas à multiplier les lieux de tournage pour servir son histoire (le Venezuela, les Bahamas, les îles Vierges, New York, Saint-Laurent-des-Bois, dans l’Eure). Il n’en faut pas plus pour faire de cette bien plaisante péloche un bel exemple de ce cinoche populaire made in France, très en forme au milieu des 70’s. 4/6

original-573613-415
Catherine Deneuve, la magnifique sauvageonne du film de Rappeneau.

COMPARTIMENT TUEURS (Costa-Gavras, 1965)

Compartiment_tueurs_grandeCompartiment tueurs. De Costa-Gavras (qui a aussi tourné aux États-Unis : Missing, La main droite du diable, Music box, Mad city). France. 1965. 1h29. Avec : Yves Montand, Simone Signoret et Jean-Louis Trintignant. Genre : polar. Sortie France : 17/11/1965. Maté à la téloche le mercredi 15 mars 2017.

De quoi ça cause ? Une passagère d’une voiture-couchettes d’un train Marseille-Paris est retrouvée étranglée. Par la suite, plusieurs des autres occupants du compartiment où elle se trouvait sont assassinés, alors que la police tente de recueillir le témoignage de chacun. À la police judiciaire, l’inspecteur Grazziani (Yves Montand) et son assistant Jean-Loup Gabert sont sommés de mettre fin rapidement à cette vague de crimes… (source : Wikipedia.org)

Mon avis Télé Z : Pour son premier long-métrage, Costa-Gavras fait déjà preuve d’une maîtrise certaine. Si le futur auteur de L’aveu n’aborde pas encore les aspects politiques et sociaux de son cinéma, Compartiment tueurs n’en mérite pas moins sa place en première classe. Co-écrit par Sébastien Japrisot (d’après son roman, ce qui explique la qualité des dialogues), le script convoque d’abord une belle brochette de suspects, tous liés au meurtre mystérieux d’une Pascale Roberts toute jeune (et au regard troublant). Les choses se compliquent lorsque lesdits suspects se font flinguer un à un, ce qui réduit au fur et à mesure la liste des assassins potentiels. Comme chez Agatha Christie, la révélation de l’identité du vrai coupable est surprenante, la course-poursuite finale venant conclure une intrigue aux ramifications multiples. À cet art consommé du suspense, ajoutons le soin apporté par Costa-Gavras à l’image (un noir et blanc joliment stylisé) et à la mise en scène (la silhouette insaisissable du tueur au silencieux : une image qui aurait pu être celle d’un krimi ou d’un giallo). Cette ambiance de commissariat parisien du milieu des années 1960 – avec ses « gueules » qu’on interroge (excellent numéro de Charles Denner) et ses flics tantôt décontractés, tantôt nerveux – apporte aussi un cachet considérable à l’ensemble. Autre atout de Compartiment tueurs : son casting ciselé jusqu’au moindre petit rôle. Outre des têtes d’affiche qui en imposent (Montand, Signoret, Mondy, Trintignant, Piccoli), des visages familiers font leur apparition tout au long du film (le spectateur peut d’ailleurs s’amuser à les repérer). Du beau monde, devant comme derrière la caméra (n’oublions pas la très chouette bande originale de Michel Magne). 4,5/6

Compartiment_tueurs_FR_2
Pascale Roberts, première victime du premier long de Costa-Gavras.