ATOMIC BLONDE (David Leitch, 2017)

09Atomic blonde. De David Leitch. États-Unis/Suède/Allemagne. 2017. 1h51. Avec : Charlize Theron (gloire à l’Imperator Furiosa !), James McAvoy et Sofia Boutella. Genre : action/espionnage. Sortie France : 16/08/2017. Maté en salle le dimanche 20 août 2017.

De quoi ça cause ? L’agent Lorraine Broughton (Charlize Theron) est une des meilleures espionnes du Service de renseignement de Sa Majesté; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s’associe avec David Percival (James McAvoy), le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers. (source : Allociné.fr)

Mon avis Télé Z : Incroyable Charlize Theron. Une classe à couper le souffle, un magnétisme qui impose le respect. Chez elle, le feu et l’acier se mêlent pour livrer un spectacle déchaîné et effervescent. Dès le début, la chair souffre. Le corps tuméfié de la blonde atomique plonge dans un bain de glace. La récompense pour celle qui affronte chaque jour les simulacres de ce monde de barbouzes. Mais certains moments semblent sortir de rêves plus soyeux. Un micro se faufile parmi les dessous de l’espionne et savoure sa cachette. Car il y a aussi ces instants qui précèdent la bataille, ces fragrances glam’ dans lesquelles Theron se prépare, seule dans sa piaule, à demi-nue mais avec une attention déjà en alerte et des phalanges prêtes à en découdre. Une gestuelle gracieuse accompagne le rituel. Comme le souligne le Cat people (putting on fire) de Bowie, Charlize est une féline. Le sex-appeal et la rage réunis. C’est bien dans ce mélange explosif que trouve sa place Atomic blonde. Une bande racée qui peut aussi faire très mal. À des années-lumière des bourrinades de chez EuropaCorp, le film de David Leitch fait preuve de goût et de maîtrise lorsqu’il s’agit de faire causer les flingues et les poings. Le summum est atteint avec un plan-séquence situé dans les escaliers d’un immeuble où l’héroïne se frite méchamment avec plusieurs mectons. Malgré la fureur déployée par ce feu d’artifice de bourre-pifs, les mouvements de caméra demeurent aussi vifs que précis. L’affrontement – d’une sauvagerie inouïe – se poursuit à l’extérieur et se conclut par deux bagnoles entrant violemment en collision. Et cette dinguerie dure une bonne dizaine de minutes ! Rayon action, je n’ai rien vu d’aussi grisant depuis le dantesque The raid 2 (Gareth Evans, 2014) ! Pas de doute, le réalisateur du déjà réussi John Wick (2014) confirme qu’il est fait pour le genre. D’autant plus que son atomique péloche se double d’un très efficace spy movie façon John le Carré (en plus vénère et badass). Et pour cause, puisque le scénario a la bonne idée de se situer pendant un événement historique bien particulier : l’imminence de la chute du mur de Berlin. Soit le réchauffement de la guerre froide. Soit les glorieuses 80’s. Cette décennie enveloppe tout le long-métrage de son esthétique (le lettrage fluo du générique d’ouverture est vraiment très joli) et l’influence du Drive de Nicolas Winding Refn se fait même sentir sur la photographie de Jonathan Sela (ces démons de néons possèdent un charme indéniable). Bien entendu, la bande-son n’est pas en reste puisqu’elle témoigne du meilleur choix possible pour illustrer une histoire se déroulant en 1989. Sans que cela ne soit jamais envahissant mais reste au contraire un plaisir en toute circonstance, les hits de la new wave, du rock alternatif et du punk défilent sur la platine d’Atomic blonde (rares sont les films où l’on peut écouter du New order ou du Siouxsie and the banshees). Autre bon point : le script ne vient jamais ruiner ce chouette contexte rétro à coup d’amourette lourdingue, contrairement à ce que laissait présager les brefs flashbacks du début. Suggérer que Charlize avait une liaison avec l’agent buté dans la séquence pré-générique n’apporte rien à l’ensemble. Heureusement, cette storyline encombrante n’est jamais exploitée. Elle aurait même pu être biffée du montage final. Mais peu importe. Ce détail ne pèse pas lourd face à une Charlize Theron jouant les Valkyries modernes et prouvant magnifiquement que les femmes dominent dorénavant le cinéma d’action. Je pourrais aussi vous parler de la présence des excellents James McAvoy, John Goodman, Toby Jones et Eddie Marsan. Mais je préfère consacrer mes derniers mots à l’autre super nana d’Atomic blonde : Sofia Boutella. Une atomique brune dont la splendeur athlétique dissimule une touchante fragilité et qui s’offre avec la Theron un inoubliable ballet saphique. C’est pas chez James Bond, Jason Bourne ou Ethan Hunt qu’on verrait ça. 5/6

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Charlize Theron écrasant les roustons de ses adversaires dans les couloirs d’un vieil immeuble : LE morceau d’anthologie d’Atomic blonde.