TURKISH DÉLICES (Paul Verhoeven, 1973)

turkish_delicesTurkish délices (titre original : Turks fruit). De Paul Verhoeven. Pays-Bas. 1973. 1h43. Avec : Monique van de Ven (découverte, pour ma part, dans les pages de Starfix, via un sujet sur Amsterdamned), Rutger Hauer et Dolf de Vries. Genre : drame. Sortie dvd : 16/11/2004 (Metropolitan vidéo, coffret Paul Verhoeven). Maté en dvd le samedi 4 février 2017.

De quoi ça cause ? Dans le contexte de la libération sexuelle, Erik (Rutger Hauer), sculpteur bohème, vit une relation passionnée et tumultueuse avec Olga (Monique van de Ven), issue d’une famille conservatrice. (source : Madmovies.com)

Mon avis Télé Z : La face tragique de la révolution sexuelle des 70’s ou quand l’insouciance vit ses dernières heures. Les amants maudits de Turkish délices, grands gamins épris de liberté et crachant à la gueule de l’establishment, voient leurs rêves s’écraser contre le mur des réalités. Réalités du monde des adultes, de la petite bourgeoisie, des hypocrites que Verhoeven se plaît à dynamiter en exposant la vérité des corps. Corps chargés de soutenir des existences faites de sang, de foutre, de merde, de vomi et de larmes. Ceux qui continuent à se voiler la face en croyant au p’tit Jésus et à l’immaculée conception sont ici priés (!) de laisser leur tartufferie aux vestiaires des peine-à-jouir. Sans jamais imposer au spectateur un quelconque jugement moral, le réalisateur du récent Elle préfère shooter la vie telle qu’elle est, traversée de légèreté et de gravité, de beauté et de cruauté. La fatalité finit néanmoins par l’emporter, la mort marquant de son empreinte tout le long-métrage. Des signes avant-coureurs annoncent dès la première séquence l’issue inévitable d’une relation où l’amour, aussi fort soit-il, ne peut rien face à la maladie. Funèbre, cru et parfois poétique (cf. le nouvel envol d’une mouette recueillie et soignée par Erik), Turks fruit fait partie de ces films qui vous marquent au fer rouge, vous assènent un coup de boule émotionnel (une constante chez Paul Verhoeven). L’interprétation effervescente de Rutger Hauer et celle – déchirante, magique, terrible – de Monique van de Ven (dont c’est ici le premier long) achèvent de faire de cette puissante et subversive love story, un chef-d’œuvre. 6/6

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La magnifique Monique van de Ven, la révélation des délices turcs de Paul Verhoeven.