LE GRAND JEU (Aaron Sorkin, 2017)

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La prodigieuse histoire vraie d’une jeune femme surdouée devenue la reine d’un gigantesque empire du jeu clandestin à Hollywood ! En 2004, la jeune Molly Bloom débarque à Los Angeles. Simple assistante, elle épaule son patron qui réunit toutes les semaines des joueurs de poker autour de parties clandestines. Virée sans ménagement, elle décide de monter son propre cercle : la mise d’entrée sera de 250 000 $ ! Très vite, les stars hollywoodiennes, les millionnaires et les grands sportifs accourent. Le succès est immédiat et vertigineux. Acculée par les agents du FBI décidés à la faire tomber, menacée par la mafia russe décidée à faire main basse sur son activité, et harcelée par des célébrités inquiètes qu’elle ne les trahisse, Molly Bloom se retrouve prise entre tous les feux… Source : allocine.fr

Quand la phénoménale Jessica Chastain nous sort le grand jeu (bon, ça c’est fait) ! Une habitude chez la comédienne qui, avec le film d’Aaron Sorkin, trouve encore une fois un rôle à sa mesure. Faut dire que le parcours étonnant de Molly Bloom a de quoi permettre à la Maya de Zero Dark Thirty de briller jusqu’aux confins de l’univers. Et même au-delà… Skieuse pro opérée à douze ans pour une méchante scoliose, « princesse du poker » organisatrice de parties pour la jet set hollywoodienne et new-yorkaise, travailleuse indépendante tabassée par la mafia et coffrée par le FBI, l’héroïne de Molly’s game suit un destin exceptionnel. Pour l’incarner à l’écran, il fallait donc une actrice exceptionnelle. D’une beauté irradiante, aveuglante, que dis-je foudroyante, la Chastain joue à fond la carte du glam et cloue son entourage sur place. Ses postures de déesse des temps modernes se figent de manière aussi naturelle que gracieuse et semblent sortir tout droit d’une toile de maître. La grande classe number one. Un festin visuel. On n’avait pas vu ça depuis Christina Hendricks dans Mad Men. Le regard clair et intense de Jessica Chastain trahit aussi les zones d’ombre planquées dans les profondeurs de son personnage. Depuis l’enfance, Molly sent la peur de l’échec lui tordre le bide. Grandir au sein d’une famille où ne pas être la meilleure est une faute, ne peut que laisser des séquelles (difficile de faire son chemin au milieu d’un père autoritaire et de frangins sportifs de haut niveau et chirurgiens). Néanmoins, la ténacité et la persévérance finissent par payer. Maline et débrouillarde, elle est parvenue à s’imposer dans un univers qu’elle ne connaissait pas (le poker, donc) et que des hommes riches et influents dirigent dans l’ombre et la lumière. Faire sa place dans une telle jungle constitue en soi un exploit. Surtout lorsque l’on est une femme. Malgré ses déboires judiciaires, Molly Bloom reste une battante dont le point de vue s’avère bien plus moral que le monde qui l’entoure. Ses petites libertés prises avec la loi ne sont rien en regard des forfaits commis par les enflures du crime organisée ou les requins de la finance. Contrairement au DiCaprio cynique et dévoyé du Loup de Wall Street, la protagoniste du Grand jeu suscite l’empathie et fait même preuve d’abnégation (elle refuse d’entraîner quiconque dans sa chute). Ce qui n’empêche pas une énergie toute scorsesienne de doper les cent quarante minutes du long métrage. Le rythme s’adapte à celui de sa super nana dont le sens de l’observation inspire le montage et la mise en scène (des cartes à jouer apparaissent à l’écran lors d’une partie décisive). Au son d’une narration en voix off, les images défilent vite et les mots fusent. Le temps passe sans que le spectateur ne s’en rende compte. Dramaturge d’exception, Sorkin met son écriture ciselée au service de ses comédiennes et comédiens. Les échanges entre Jessica Chastain et Idris Elba s’apparentent alors à une véritable leçon de cinéma où le verbe relève aussi du grand spectacle. La figure paternelle jouée par un Kevin Costner complexe et touchant apporte aussi un supplément d’émotion à une œuvre en tout point bluffante. Bref, que vous aimiez ou non le poker, il ne vous reste plus qu’une seule chose à faire : miser gros sur Le Grand jeu et l’époustouflante Jessica Chastain.

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Molly’s Game. D’Aaron Sorkin. États-Unis. 2017. 2h20. Avec : Jessica Chastain, Idris Elba et Kevin Costner. Maté en salle le 07/01/18.

Auteur : Zoéline Maddaluna

Cinéphage électrique accro aux terrains vagues de l'imaginaire...

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