EROTICA (Brian Smedley-Aston, 1981)

BrigitteLahaie03FICHE TECHNIQUE Erotica (titre original : Paul Raymond’s Erotica). De Brian Smedley-Aston (l’un des photographes ayant bossé pour Paul Raymond). Royaume-Uni. 1981. 1h25. Avec : Brigitte Lahaie, Diana Cochran et Paul Raymond. Genre : érotique. Sortie dvd : 30/05/2007 (René Chateau vidéo). Maté en dvd le samedi 18 novembre 2017.

DE QUOI ÇA CAUSE ? La belle et sensuelle Brigitte (Brigitte Lahaie) arrive à Londres, invitée par « Monsieur Sex » (Paul Raymond) pour enquêter sur les spectacles les plus « chauds » de la capitale anglaise. Elle rencontre Diana (Diana Cochran), photographe de charme du magazine « Escort », qui la fait pénétrer dans l’intimité des plus beaux mannequins londoniens, lui permettant d’assouvir tous ses désirs. Source : renechateauvideo.com

MON AVIS TÉLÉ Z Quelques temps après son ultime sarabande porno (Les Petites Écolières, 1980), Brigitte Lahaie entame une nouvelle carrière érotico-bis pleine de promesses. Si ses adieux au X gaulois coïncident avec la fin d’un âge d’or (la censure économique imposée par l’État est en train de tuer le genre, sans parler de l’arrivée d’un support vidéo qui s’apprête à le niveler par le bas), la blonde icône va pourtant continuer à embraser un cinoche plus soft mais tout aussi marquant. La preuve avec le bien nommé Erotica, « incontestablement le meilleur film érotique dans lequel Brigitte Lahaie ait tourné » selon Cédric GrandGuillot et Guillaume Le Disez, auteurs d’un bouquin définitif sur la belle, Les films de culte. Et vous savez quoi ? Les deux gus n’ont pas tort. Le concept en est même assez singulier puisque le long-métrage est conçu comme un faux documentaire où Brigitte interprète son propre rôle. Le doublage français fait même référence au père René Chateau, qui acquiert les droits d’exploitation d’Erotica en 1984 (modifiant au passage la version anglaise d’origine). La réalité et la fiction se mélangent alors, la voix off de l’héroïne évoquant le tournage de Joy et Joan (1985). Mais le but de l’entreprise est tout autre : faire la promotion du businessman Paul Raymond, propriétaire de strip club à Londres et de quelques magazines cochons tels que Men Only ou Escort. Ce qui explique que l’ensemble soit régulièrement ponctué par de jolis numéros d’effeuillage shootés au « Raymond Revuebar ». Dans des costumes et des décors variés, ces parenthèses déshabillées sont agrémentées d’un jeu de lumière soigné et font la part belle à des modèles habités par une frénésie digne des futures Showgirls de Verhoeven (avec moins de moyens toutefois, on n’est pas à Vegas). De plus, l’utilisation d’un champ-contrechamp entre la scène et le public installe d’emblée le spectateur en position de voyeur. Ne sommes-nous pas là pour nous rincer l’œil ? Entre deux danses à oilpé, nous retrouvons la reporter Brigitte en pleine découverte de cette empire du divertissement pour adultes. Interviews et séances photos se finissent systématiquement par une partie de jambes en l’air, la succube du Fascination de Jean Rollin baisant quand elle veut, où elle veut et avec qui elle veut. Avec un mec à l’arrière d’une Rolls Royce (Lahaie frotte ses seins arrosés de champagne contre les genoux de son partenaire lors d’un 69 endiablé),  une secrétaire au beau milieu d’une salle de rédaction (la caméra en devient folle et tourne presque sur elle-même), un ouvrier d’abattoir dans un camion réfrigéré contenant encore de la barbaque (l’actrice française s’y livre à de réelles acrobaties et fait monter la température), le conducteur d’un yacht naviguant sur la Tamise (au risque de causer un accident fluvial !). Et même avec sa douce mimine  lors d’une masturbation motivée par la présence d’un couple s’ébattant dans un sauna (l’occasion de voir un « robinet d’amour » en érection, une première dans l’histoire du cinoche britannique). La générosité de ce spectacle affriolant et festif constitue un fil narratif un peu maigre, certes. Mais peu importe. Parfois, mieux vaut une succession de scènes chaudes emballées avec goût et inspiration qu’une intrigue superficielle venant gâcher notre plaisir. Car au fur et à mesure du visionnage, Erotica diffuse un charme hypnotique certain. Sa structure répétitive enchaîne les séances de striptease et les exploits charnels de sa protagoniste, le tout sur une musique disco entraînante, voire addictive. Et puis le film de Brian Smedley-Aston ne serait pas le même sans l’inestimable contribution de Brigitte Lahaie. Sa beauté – conquérante, impériale, divine – déchaîne les sens. Ses vibrations sexuelles atteignent le spectateur qui ne demande qu’à traverser l’écran pour s’abandonner à la suprême jouissance. Sur son corps se lisent les plaisirs les plus fous. Insatiable, libre et gourmande, cette femme est possédée par le diable rose. Sa devise : jouir jusqu’au délire. Par un effet de montage, à la toute fin d’Erotica, Brigitte Lucie Jeanine Vanmeerhaeghe prend la place des girls de Paul Raymond et se mue en ce fantasme absolu, éternel et mythique qui – aujourd’hui encore – nous accompagne jusqu’au bout de nos rêves. 5/6

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Une photo de Francis « Emmanuelle 2 » Giacobetti visible sur la jaquette du dvd René Chateau, mais étrangère au film Erotica.

Auteur : Zoéline Maddaluna

Cinéphage électrique accro aux terrains vagues de l'imaginaire...

3 réflexions sur « EROTICA (Brian Smedley-Aston, 1981) »

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