PHANTASM II (Don Coscarelli, 1988)

MV5BNmY3MTk5MzUtNGVhMy00OTQ4LWEyMTQtZGEyMmU0MmM2ZTVlXkEyXkFqcGdeQXVyNjQ2MjQ5NzM@__V1_SY1000_CR0,0,659,1000_AL_Phantasm II. De Don Coscarelli (la même année que son Survival quest). États-Unis. 1988. 1h37. Avec : Angus Scrimm, Reggie Bannister et Paula Irvine. Genre : fantastique/horreur. Sortie dvd/blu-ray : 27/06/2017 (ESC éditions). Maté en blu-ray le jeudi 27 juillet 2017.

De quoi ça cause ? Six ans après les événements qui ont transformé son enfance en cauchemar, Mike Pearson (James LeGros) sort de l’hôpital psychiatrique. À son histoire d’entrepreneur des pompes funèbres convoyant les cadavres vers un autre monde, personne n’y a jamais cru. Pas même son ami Reggie (Reggie Bannister) qui, sa famille décimée, décide soudain de le suivre sur les routes de l’Oregon. Leur objectif : mettre hors état de nuire le Croque-Mort (Angus Scrimm) qui, d’une ville à l’autre, poursuit sa sinistre besogne… (source : Dvdfr.com)

Mon avis Télé Z : Une suite qui égalise, voire surpasse, l’opus original de 1979. Le monde créé par Don Coscarelli est tellement riche et surprenant que l’on ne pouvait pas se contenter d’un seul film, aussi culte soit-il. Démarrant sur les chapeaux de roues, Phantasm II reprend la narration là où elle s’achevait chez son aîné. Transition ainsi faite, le spectateur n’a ensuite plus le temps de souffler. Assaut de nains plus grincheux que timides, explosion d’une baraque et sauvetage in extremis des héros, sous le regard d’un « Tall man » n’ayant pas encore dit son dernier mot. Cette intro – qui en met d’emblée plein la vue – annonce la couleur. Plus friqué que son prédécesseur (ce coup-ci, c’est Universal qui régale), ce deuxième Phantasm se la joue « bigger and louder » sans jamais perdre son identité, sa singularité. Pas question pour le réalisateur de Dar l’invincible (1982) de ruiner les mystères de son univers en dévoilant les zones d’ombre qui faisaient tout le charme du premier épisode. Nous n’en saurons donc pas davantage sur les origines du croque-mort ni sur le pourquoi du comment de son trafic de cadavres inter-dimensionnel. Peu importe puisque l’ensemble fonctionne du feu de dieu et que le budget permet de développer, de revisiter des concepts dingues inventés dix ans plus tôt. Les gnomes montrent enfin leur effroyable faciès (et même leur corps ravagé le temps d’une séquence spectaculaire), tandis que trois sphères volantes ultra perfectionnées s’amusent à trancher dans le vif (elles peuvent maintenant découper une oreille avec une petite scie circulaire, forer les entrailles d’autrui, transpercer les murs et même tirer des rayons laser !). Des prodiges dus à Mark Shostrom et son équipe dont les maquillages et les animatroniques reproduisent à l’écran de remarquables visions d’horreur (voir également cette gueule cauchemardesque s’extrayant du dos de Paula Irvine). Outre les effets spéciaux, les décors de Phantasm II trahissent aussi l’ambition formelle de l’entreprise. Des décors, aussi variés que nombreux quand ils ne sont pas carrément impressionnants (joli plan d’ensemble nous révélant un cimetière troué de tombes profanées) et imposants (un paysage de western accompagne le duo Mike/Reggie lors de son périple routier). Le « Tall man » voit grand lui aussi, et ses méfaits ne se limitent plus à un seul patelin. Parcourant les États-Unis, le grand escogriffe sème la peur et la désolation sur son passage (derrière lui, il ne reste plus que des villages fantômes), tout en n’oubliant pas de vider chaque cimetière de ses dépouilles. Jusqu’à son dernier acte, le film est construit comme une gigantesque course-poursuite entre les héros et le sinistre croque-mitaine, les deux parties s’adonnant au jeu du chat et de la souris. Car d’une manière plus générale, Phantasm II se distingue par ses aspects fun et ludiques, ce qui le rend extrêmement plaisant. Ainsi, Mike et Reggie se rendent en loucedé dans une quincaillerie pour se fabriquer des armes « over the top » (mention spéciale à ce fusil muni de quatre canons !). Voilà qui promet de charcler sévère ! Promesses tenues de la part d’un Coscarelli qui n’hésite pas à cligner de l’œil en direction des amoureux du gore. La preuve avec ce trépidant duel à la tronçonneuse évoquant celui entre Leatherface et Dennis Hopper dans The Texas chainsaw massacre 2 (Tobe Hooper, 1986). Ou ce sachet recueillant les cendres d’un défunt et sur lequel est inscrit le nom de… Sam Raimi ! Une touche discrète d’humour qui apporte un petit plus à l’ensemble sans verser dans la gaudriole (parfois un brin décalé, le personnage de Reggie n’est jamais sacrifié sur l’autel de la légèreté. Ce qui ne l’empêche pas de rester cool !). Pas question non plus pour l’intimidant Angus Scrimm de perdre son aura maléfique à coups de calembours déplacés. À l’instar du premier Phantasm, ses apparitions et ses répliques sont mesurées, comme pour le rendre insaisissable et faire de chacune de ses scènes un moment unique. Le boogeyman traverse le film tel un être omniprésent, omniscient et omnipotent. « Evil never dies » semble d’ailleurs nous crier dans les oreilles la fin ouverte de ce Phantasm II ! Côté casting, on aurait pu avoir les boules (sans jeu de mots avec celles qui perforent les crânes dans les couloirs des mausolées) de ne pas retrouver Michael Baldwin dans le rôle de Mike, mais James LeGros s’en sort plus qu’honorablement. Il aurait été plus difficile de faire l’impasse sur Reggie Bannister, impeccable en type ordinaire jouant les justiciers. Avoir ajouté un personnage féminin à l’histoire est une bonne idée, la mimi Paula Irvine se montrant convaincante en scream queen télépathe. Plus ambiguë et délurée, Samantha Phillips incarne une femme fatale offrant au pauvre Reggie une nuit d’amour qu’il n’est pas prêt d’oublier. Un fantasme avec un f ! 5/6

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Phantasm II : cette fois-ci, ils sont armés jusqu’aux dents !

Auteur : Zoéline Maddaluna

Cinéphage électrique accro aux terrains vagues de l'imaginaire...

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