ELLE BOIT PAS, ELLE FUME PAS, ELLE DRAGUE PAS, MAIS… ELLE CAUSE ! (Michel Audiard, 1969)

elle-boit-pas-elle-fume-pas-elle-drague-pas-mais-elle-causeElle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause ! (deux ans plus tard, elle ne causera plus, elle flinguera !) De Michel Audiard. France. 1969. 1h25. Avec : Annie Girardot, Mireille Darc et Bernard Blier. Genre : comédie. Sortie France : 17/04/1970. Maté à la téloche le lundi 10 juillet 2017.

De quoi ça cause ? Germaine (Annie Girardot), dite Mémène, femme de ménage au-dessus de tout soupçon, n’a qu’un défaut, dont elle use avec naïveté ou machiavélisme : elle parle trop. Elle a trois employeurs : Francine Marquette (Mireille Darc), conseillère psychologique à la télévision, Lhiétard (Bernard Blier), caissier de banque libidineux, et Phalempin (Sim), tout dévoué à un patronage de quarante enfants. Tout en époussetant, Mémène surprend des secrets. Francine, qui est sur le point d’épouser un ministre, a participé dans sa jeunesse à des ballets roses. Lhiétard a puisé dans la caisse, et Phalempin chante tous les soirs, travesti en femme, dans un cabaret borgne. Les bavardages de Mémène informent chacun de ses employeurs des secrets mal gardés des autres… (source : télévision.télérama.fr)

Mon avis Télé Z : Nombreux sont les critiques qui sous-estiment le Michel Audiard cinéaste. Pourtant, le célèbre scénariste/dialoguiste n’a pas à rougir de ses très estimables réalisations. Certes, il n’a jamais pondu d’œuvres aussi marquantes que Un singe en hiver (Henri Verneuil, 1962), Les tontons flingueurs (Georges Lautner, 1963) ou Ne nous fâchons pas (Lautner again, 1964). Du moins derrière la caméra. Parce qu’il ne fait aucun doute que ces illustres péloches doivent énormément à la plume du père Audiard. Sans lui, ces classiques ne seraient pas ce qu’ils sont. Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause ! (sacré titre !) n’a rien d’une comédie mineure dans la carrière du bonhomme. Le plaisir pris à chaque visionnage en atteste. Comment résister à cette troupe de comédiens, à ces habitués de la poésie d’Audiard ? En employée de maison pas si naïve que ça et rêvant d’une vie de château à Monte-Carlo, Annie Girardot laisse éclater son talent comique et vient foutre le boxon dans la vie de ses patrons. En résulte un chassé-croisé crapuleux, étiré jusqu’à l’absurde, dans lequel trois personnages hauts en couleur se font chanter les uns les autres, comme dans une boucle infinie. Amusant, d’autant plus que le film prend rapidement des allures de polar parodique et fraye même avec l’humour macabre (l’utilisation d’un champignon vénéneux comme poison, entraîne – par inadvertance – la mort de nombreux piliers de bar). Autour de Girardot gravite l’indispensable Bernard Blier dont l’onctueuse obséquiosité relève du grand art. En banquier vicelard et cupide, le bonhomme rivalise de roublardise avec la charmante Mireille Darc, ex-prostituée fraîchement fiancée à un futur ministre. Et puis il y a le pauvre Sim, éducateur le jour et chanteur de cabaret la nuit. Sa particularité ? Il se travestit en femme pour jouer les « jolies petites libellules » (une mémorable chorégraphie qui se termine le cul par terre !). À toutes ces pointures, s’ajoute la joie de reconnaître au détour d’une séquence, une gueule raffinée, un second couteau de prestige. Un « monsieur ». En effet, que serait une comédie française des 60’s/70’s sans le concours d’un Robert Dalban ou d’un Dominique Zardi ? La force d’un film écrit et/ou réalisé par un cador du verbe comme Michel Audiard réside dans la parfaite appropriation de ses textes par les meilleurs acteurs possibles. Soit les bons mots dans les bonnes bouches. Voilà pourquoi Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause ! – farce gouailleuse, qui plus est ponctuée de chouettes plans de Paname – vieillit bien et écrase la plupart des comédies hexagonales actuelles. Allez, une petite réplique avant de se quitter, celle lancée à Phalempin par Lhiétard : « J’ai déjà vu des faux-culs… mais vous êtes une synthèse ! » 4,5/6

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Annie Girardot : elle boit, elle fume et… elle cause !

Auteur : Zoéline Maddaluna

Cinéphage électrique accro aux terrains vagues de l'imaginaire...

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