À LA RECHERCHE DU PLAISIR (Silvio Amadio, 1972)

71PWp4iiqeL__SL1000_À la recherche du plaisir (titre original : Alla ricerca del piacere). De Silvio Amadio (a dirigé Gloria Guida à quatre reprises). Italie. 1972. 1h40. Avec : Barbara Bouchet, Rosalba Neri et Farley Granger (La corde et L’inconnu du Nord-Express d’Hitchcock). Genre : giallo/thriller/érotique. Sortie dvd/blu-ray : 15/06/2017 (Le chat qui fume). Maté en blu-ray le vendredi 7 juillet 2017.

De quoi ça cause ? Greta Franklin (Barbara Bouchet) part en Italie suite à son embauche comme secrétaire auprès de l’écrivain Richard Stuart (Farley Granger). Mais son but premier est de retrouver Sally, son amie, disparue alors qu’elle occupait le même poste. Eleonora (Rosalba Neri), la femme de Stuart, bisexuelle, lui fait bientôt des avances, puis la drogue pour assouvir ses désirs. Lors d’une soirée, Stuart diffuse un petit film amateur dans lequel Greta reconnaît Sally. Décidée à enquêter sur ce couple sulfureux, elle ne s’aperçoit pas qu’elle tombe dans le piège qu’il lui tend. Un piège dangereux, peut-être même mortel… (source : Lechatquifumedvd.com)

Mon avis Télé Z : Barbara Bouchet et Rosalba Neri. Deux des étoiles les plus brillantes du cinéma bis européen dans le même film. Une affiche qui vend du rêve. Un fantasme vingt-quatre images par seconde. Rien que pour ça, À la recherche du plaisir mérite sa réputation de petit classique. Cette rencontre au sommet représente un véritable choc érotique. La séquence saphique les mettant en scène est peut-être bien la plus belle jamais vue sur un écran. Rosalba la perverse drogue Barbara la douce et la chorégraphie du désir s’emballe. Les corps se laissent aller sur un ralenti enivrant, la musique caresse de ses élans hypnotiques et sensuels cette danse charnelle aux volutes oniriques. Renversant. Astre blond au regard bleu azur, la Bouchet est la femme vêtue de soleil et rayonne jusqu’à l’incandescence. La pellicule brûle, mais brûle de bonheur. La Patrizia de La longue nuit de l’exorcisme endosse ici les frusques d’une nana courageuse dont la quête de vérité et de justice l’emmène sur des sentiers périlleux. Quant à la Rosalba, l’autre muse d’Éros, elle traîne son ardente et affriolante silhouette du côté obscur. Ses yeux excités par la chair et la mort subliment ces ténèbres au fond desquelles se cachent le vice et la duplicité. La Comtesse de Vries de Les vierges de la pleine lune distille un venin au goût d’enfer et de paradis, une saveur d’une irrésistible ambivalence qui ne demande qu’à être dégustée. Une sacrée femme fatale. Les décors vénitiens, aussi flamboyants soient-ils, ne peuvent rivaliser avec ce duo mirifique. Avouons toutefois que Silvio Amadio se sort à merveille de ce thriller qui se rattache au giallo plus pour l’aspect machination de son intrigue que pour l’attirail visuel lié au genre (à quelques exceptions près). À la recherche du plaisir fait davantage penser à une bande gothique moderne, avec sa demeure luxueuse enfouissant ses secrets dans des souterrains interdits aux fouineurs. Le principal lieu de l’action – cette baraque appartenant au couple de bourgeois décadents, Granger/Neri – est cerné par la lagune, cimetière maritime bien pratique pour dissimuler des cachotteries inavouables. Plutôt inspiré, Amadio sait mettre en valeur la part d’ombre et de lumière de Venise et se sert même de celle-ci pour agrémenter sa mise en image (lors d’une réplique en voix off, des plans de la ville se reflètent dans l’eau du canal). Le suspense n’est pas non plus en reste, alimenté par un jeu du chat et de la souris qu’un Farley Granger aussi classieux que manipulateur mène de main de maître (les premières pages de son polar décrivent la réalité de son crime et déstabilisent la Miss Bouchet). Impossible de causer de Alla ricerca del piacere sans évoquer l’excellente musique de Teo Usuelli, dont le travail se révèle aussi important que celui du réalisateur. Lyrique, angoissante et sexy, ses compositions soulignent parfaitement toutes les émotions d’un film où le plaisir se loge aussi bien dans les mirettes que dans les esgourdes. 5/6

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Barbara Bouchet et Rosalba Neri, à la recherche d’un plaisir qu’elles ont visiblement déjà trouvé…

Auteur : Zoéline Maddaluna

Cinéphage électrique accro aux terrains vagues de l'imaginaire...

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