ZEDER (Pupi Avati, 1983)

zeder-locandinaZeder. De Pupi Avati. Italie. 1983. 1h40. Avec : Gabriele Lavia (présent dans trois Argento : Les frissons de l’angoisse, Inferno et Le sang des innocents), Anne Canovas et Paola Tanziani. Genre : thriller/fantastique. Sortie dvd/blu-ray : 07/04/2017 (The ecstasy of films). Maté en blu-ray le samedi 20 mai 2017.

De quoi ça cause ? Stefano (Gabriele Lavia), jeune journaliste, retrouve par hasard un document bien étrange, se référant aux travaux de Paolo Zeder. Incrédule, mais poussé par la curiosité, Stefano enquêtera inlassablement afin de retrouver les auteurs de ce document. Il lui faudra démêler le vrai du faux d’évènements inexplicables et sans lien apparent les uns avec les autres. Il deviendra tour à tour spectateur, acteur et victime d’une histoire pleine de rebondissements sanglants. Et si Paolo Zeder, l’illuminé, avait découvert l’inexplicable ? (source : TheEcstasyOfFilms.com)

Mon avis Télé Z : En ce début de 80’s, Zeder prouve que le cinoche de genre all’italiana est encore vivant. Si, dans ce domaine, le pays de Serpieri entame son crépuscule à la même période, Pupi Avati continue à marquer le fantastique de son empreinte. Après La maison aux fenêtres qui rient (giallo traumatisant de 1976), le cinéaste relate son obsession pour la mort et surtout pour ce qu’il peut encore subsister après celle-ci. Un thème qui rapproche Avati d’un Fulci, mais sur la forme le premier prend ses distances avec le second. Aux fulgurances gores de l’auteur de Frayeurs, le Pupi préfère jouer la carte de la suggestion façon Tourneur (la séquence de la piscine renvoie ici au sublime La féline, 1942). Les ellipses permettent au spectateur d’imaginer le pire et seul le résultat des forfaits du mal est montré à l’image (l’intro, gothique à souhait, située dans une grande demeure aux sous-sols crapoteux, en est un bel exemple). Cela dit, Zeder s’autorise ponctuellement quelques meurtres brutaux, sans pour autant renier les partis pris, plus sensitifs que démonstratifs, de la mise en scène. La figure du zombie ne répond pas davantage aux canons en vigueur mais fait pourtant froid dans le dos. La preuve avec ce visage cadavérique que diffuse un moniteur vidéo, faciès d’outre-tombe dévoilant soudainement sa bouche édentée pour éclater d’un rire sardonique. Un passage d’autant plus cauchemardesque que le mort-vivant en question se déplace telle une silhouette spectrale défiant toute notion de temps et d’espace (plus flippant encore : ses regards caméra qui s’adressent autant au héros qu’au spectateur). D’autres effets filent la chair de poule comme ce sol qui semble être remué de l’intérieur et ces soupirs malsains digne de la sorcière putride de Suspiria… La présence d’une ancienne colonie planquée en pleine campagne ne nous rassure pas plus. Avati utilise judicieusement la puissance d’évocation de cette étrange structure en béton, dont les murs fissurés dissimulent un terrible secret (le bâtiment, authentique, ne donne vraiment pas envie de visiter l’endroit). Si l’on peut regretter que le script n’exploite pas suffisamment le passif des lieux (un cureton surnommé le « défroqué » y côtoyait des enfants), le film apporte de l’épaisseur à l’horreur ambiante en convoquant la part d’ombre de l’humanité, celle qui mène irrémédiablement au chaos. Avant d’en arriver là, le réalisateur a pris soin de développer une intrigue mystérieuse, prenant comme point de départ un message caché dans une machine à écrire. Le reste se montre à la hauteur avec une enquête mêlant l’ésotérisme à la science, tout en faisant référence aux croyances mythologiques. Un programme original dont la vision de l’au-delà s’affranchit de toute foutaise chrétienne, ce qui n’est pas anodin pour une péloche transalpine. La photographie de Franco Delli Colli transcende également la morbidité et le désespoir qui suintent par tous les pores de Zeder. Une œuvre ô combien singulière, située quelque part entre Réincarnations (Gary Sherman, 1981) et Simetierre (Mary Lambert, 1989). 4,5/6

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Le téméraire Gabriele Lavia refuse de rouler un palot à l’une des nombreuses victimes de Zeder…

Auteur : Zoéline Maddaluna

Cinéphage électrique accro aux terrains vagues de l'imaginaire...

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