CAMILLE CLAUDEL (Bruno Nuytten, 1988)

affiche_9_juinCamille Claudel. De Bruno Nuytten. France. 1988. 2h47. Avec : Isabelle Adjani (césarisée pour ce film en 89), Gérard Depardieu et Laurent Grévill. Genre : drame/biopic. Sortie France : 07/09/1988. Maté à la téloche le dimanche 3 avril 2017.

De quoi ça cause ? Jour et nuit, la jeune Camille Claudel (Isabelle Adjani) s’adonne à sa passion, la sculpture. Son rêve : entrer dans l’atelier du célèbre Auguste Rodin (Gérard Depardieu). Quand enfin elle parvient à le rencontrer, elle l’impressionne par son talent et son enthousiasme. Le sculpteur engage comme apprentie celle qui va devenir sa maîtresse. Au faîte de sa gloire, cet homme d’âge mûr se réjouit d’avoir trouvé une égérie qui ravive son imagination et dont il signe bientôt les œuvres… (source : Arte.tv/fr)

Mon avis Télé Z : À l’instar du rôle qu’elle interprète, Isabelle Adjani s’abandonne corps et âme à son art. Comme si elle ressentait dans sa chair la passion incontrôlable qui animait Camille Claudel. Ce destin tragique, qui commence dans l’illumination et s’achève dans la déchéance, trouve un écho puissant dans le jeu fiévreux et viscéral d’Adjani. C’est si peu dire que la comédienne sublime son personnage, un génie de la sculpture consumé par ses sentiments et dévoré par la folie. Camille Claudel, femme libre refusant les diktats d’une société étriquée, n’a pas besoin de dieu ou de maître pour faire son chemin. Pourtant, elle en rencontre un, de maître, Rodin, sculpteur renommé et respecté (Depardieu, « taillé » pour le rôle et écrasant de présence). Une rencontre artistique doublée d’une liaison amoureuse, un mélange tumultueux qui mène souvent à l’autodestruction. Dès lors, créer devient une souffrance, à l’image du corps contorsionné des modèles posant pour le couple. Dans le marbre, se fige la douleur. Recherchant constamment la lueur se tapissant dans les ténèbres, la lumière du chef op Pierre Lhomme cristallise les émotions et dévoile avec précision les reliefs de la chair nue que des mains d’artistes transforment en volume de pierre. À ce propos, notons que Bruno Nuytten est surtout réputé pour sa solide expérience de directeur de la photo acquise grâce à une quarantaine de films (et pas des moindres : Les valseuses, Possession, Tchao pantin…). S’il n’a réalisé que trois longs-métrages pour le cinéma, Nuytten peut s’enorgueillir d’avoir rendu à l’insoumise Camille Claudel les honneurs qu’elle méritait et d’avoir offert au 7ème art hexagonal de la fin des 80’s, une œuvre aussi imposante que nécessaire. 5/6

1988 Camille Claudel 14
Isabelle Adjani : « Je lui ai dit [à Bruno Nuytten, ndlr] que j’aimerais me servir du corps de Camille Claudel pour pouvoir incarner mon propre désarroi, mon cri. »

Auteur : Zoéline Maddaluna

Cinéphage électrique accro aux terrains vagues de l'imaginaire...

3 réflexions sur « CAMILLE CLAUDEL (Bruno Nuytten, 1988) »

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