BLOW OUT (Brian De Palma, 1981)

blow-out-itBlow out. De Brian De Palma. États-Unis. 1981. 1h42. Avec : John Travolta, Nancy Allen (trois autres De Palma à son actif : Carrie au bal du diable, Home movies et Pulsions) et John Lithgow (deux autres pour lui : Obsession et L’esprit de Caïn). Genre : thriller. Sortie France : 17/02/1982. Maté à la téloche le dimanche 19 mars 2017.

De quoi ça cause ? Ancien flic, Jack Terry (John Travolta) est employé à Philadelphie comme spécialiste des effets sonores par une petite société de production de séries Z. Une nuit, alors qu’il réalise des enregistrements dans un parc, il assiste à la sortie de route d’une voiture qui finit sa course dans une rivière. Plongeant immédiatement pour porter secours aux accidentés, Jack parvient in extremis à extirper la passagère du véhicule. À l’hôpital, après avoir pris des nouvelles de Sally (Nancy Allen), la jeune femme qu’il a sauvée, il apprend que le conducteur, retrouvé mort, était le gouverneur McRyan, un politicien pressenti pour la course à la Maison-Blanche. Persuadé d’avoir entendu un coup de feu avant le drame et convaincu que cette mort n’est pas accidentelle, Jack se lance dans une enquête minutieuse… (source : Arte.tv/fr)

Mon avis Télé Z : « Le cinéma ment 24 fois par seconde » disait Brian De Palma. Le héros de Blow out tente de débusquer la vérité à travers toutes les techniques du 7ème art. Les artifices du mensonge – le son, l’image et le montage – sont utilisés pour montrer une réalité dangereuse pour celui qui veut voir au-delà des apparences. La quête de Jack Terry (John Travolta, en rupture de dancefloor) est dès lors impossible car elle tente de relier deux mondes différents, celui de la fiction et celui du réel. Comme le spectateur devant son écran, il se montre impuissant face aux évènements et ne peut changer le cours des choses. Une impasse tragique qui débouche sur un final désespéré, suivie d’un clin d’œil ironique d’une noirceur absolue. Ni happy end ni love story pour les fouineurs qui sont parvenus à déceler le vrai visage de l’Amérique. Un pays où la concurrence politique se fait assassiner afin de changer le cours de l’histoire (écho du traumatisme causé par le meurtre de JFK), où les témoins gênants sont éliminés un à un (par un John Lithgow glaçant) et les faits bidonnés pour mieux endormir la populace. Dans l’un des plans iconiques du film, la bannière étoilée semble d’ailleurs engloutir Nancy Allen… Formaliste de génie, De Palma se plaît à rendre le plus cinématographique possible une histoire dont le principal sujet est le cinéma. Comme Travolta passant des heures devant ses appareils pour dénicher le son et l’image parfaits, le réalisateur fait de chaque séquence un morceau de bravoure visuel (cf. les fameux split screen, l’une des marques de fabrique du cinéaste). Servant autant le script qu’il flatte les mirettes, ce travail d’orfèvre est également épaulé par la photo de Vilmos Zsigmond (la lumière idéale pour un film noir en couleurs) et la musique de Pino Donaggio (très beau thème romantique scellant une idylle funeste). De par son incontestable maestria et sa profonde tristesse (qui détonne quelque peu dans le paysage hollywoodien des 80’s), Blow out n’a pas pris une ride et demeure une pièce de choix dans la carrière de son metteur en scène. 5,5/6

rG0Wp4JAgf89SMG1geOof0HUqgr
Le cinéma : un art qui joue avec la mort.

Auteur : Zoéline Maddaluna

Cinéphage électrique accro aux terrains vagues de l'imaginaire...

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s